Demain est un autre temps…

Demain, en me réveillant, sûrement bien avant la sonnerie du réveille-matin, j’ouvrirai l’œil pour regarder l’heure qu’il est et je me rappellerai que je n’ai pas à me lever pour aller travailler, parce que je suis en vacances.  Pas n’importe quelles vacances, comme j’en ai eu au cours des 34 dernières années, mais des vacances qu’on ne prend pas souvent dans une vie, celles qu’on doit écoulées avant d’être officiellement retraité.  Eh oui, demain j’apprivoise un quotidien sans emploi.  Heureusement, je ne serai pas en chômage comme beaucoup trop de personnes, mais à la retraite…  d’une carrière de 34 ans à l’Université Laval.

Jeune vingtaine, tanné de l’école, mais au fond désireux d’y retourner, j’ai obtenu un premier emploi à l’Université Laval.  J’avais besoin de gagner ma vie et le milieu m’attirait.  Après quelques mois de placement temporaire, j’ai obtenu un poste à la bibliothèque, le soir.  Pendant quelques années j’ai mené une double vie, d’employé de bibliothèque, d’étudiant en photographie et ensuite de photographe pigiste.  À la bibliothèque j’ai pu garder accès à un univers de connaissances grâce à tous les livres et magazines que j’ai pu y lire.  Quand on est au service du prêt d’une bibliothèque universitaire, le soir, en juillet, on a un peu de temps pour lire et j’en ai profité beaucoup.

Pendant 8 ans, j’ai pratiqué la photographie, surtout documentaire, tout en gagnant ma croûte à la bibliothèque, le soir.  J’ai travaillé sur quelques projets, parmi eux, celui sur l’histoire de la villégiature dans Charlevoix dont la pièce maîtresse est le livre Deux cents ans de villégiature dans Charlevoix de Phillipe Dubé, auquel j’ai collaboré en tant que photographe.

Visant alors un poste de photographe à l’université, que j’ai raté pour des raisons administratives, on m’a offert de travailler en audiovisuel auprès des étudiants.  Après quelques années, j’ai joint l’équipe de production audiovisuelle du défunt Service des  ressources pédagogiques.  Pendant près de 10 ans, j’y ai travaillé comme caméraman-monteur, sur la production de documents vidéos sur tous les sujets qu’on peut rencontrer sur le campus, depuis des recettes en nutrition, des analyses en laboratoire, des entrevues en philosophie jusqu’à des séances d’anatomie humaine en médecine.  Grâce à ce travail, j’ai côtoyé des personnes intéressantes dans tous les domaines possibles.  Étant curieux, j’appréciais toutes ces découvertes que j’y ai faites. Puis, en janvier 1999, prétextant certaines difficultés économiques, l’administration a choisi de fermer ce service offert à tout le campus, dilapidant ainsi une expertise unique d’une équipe de production en multimédia dédiée à la clientèle universitaire.   À 44 ans, on m’offrait une tablette ou l’opportunité d’aller à l’école en informatique afin de poursuivre dans ce domaine après.  De meilleurs postes seraient alors disponibles.  Comme j’étais déjà un fervent utilisateur du MACINTOSH depuis 1986 et que je venais tout juste de compléter mon apprentissage du montage numérique, je n’avais aucun doute que travailler avec cet outil me conviendrait très bien.

De plus, vivre un an comme étudiant à temps plein, avec plein salaire, a aidé à faire passer la pilule amère de l’abolition du poste dont je maîtrisais alors toutes les facettes et que j’aimais.  Par la suite, je n’ai pas vraiment quitté l’audiovisuel pour l’informatique puisque je me suis retrouvé à l’École des Arts visuels à implanter un laboratoire de montage numérique pour les étudiants.   Après quelques années, j’ai eu envie d’aller voir ailleurs et le Département d’information et de communication avait besoin d’un nouveau technicien informatique.  Deux ans plus tard, c’est le poste de technicien multimédia qui se libéra, j’avais alors tout ce qu’il fallait pour organiser le virage numérique en radio et télé au département.  Pendant ces dernières années, j’ai eu l’opportunité de mettre à profit toute mon expérience en audiovisuel, en photographie et en informatique au service des étudiants en journalisme et en communication.

Après 34 ans, de nombreux changements, j’avais moins le goût de ceux qui s’en venaient encore et j’ai préféré partir, mais pas dans n’importe quelle condition.  33 années durant, j’ai cotisé à un excellent régime de retraite qui me permet aujourd’hui de partir à 56 ans, avec presque mon salaire, c’est pas rien!  Ouais ouais, je suis un baby-boomer gâté, mais je pense quand même que tous, dans notre société, devraient pouvoir bénéficier d’un régime de retraite aussi avantageux, et pourquoi pas une formule universelle obligatoire pour tous, il y aurait alors pas mal moins de pauvreté chez les aînés.  Moi, j’ai été «obligé» de cotiser depuis le début de ma carrière à l’UL et même si je trouvais ça plate à 25 ans, j’en suis très heureux maintenant.  Ça, c’est mon éditorial sur la question, pensez-y!

Donc, demain, je me réveillerai sans doute à la même heure que d’habitude, mais au lieu d’aller travailler je vais me demander que vais-je faire aujourd’hui…

Ben, y’a BeauBrun enfin dans ma cour, pleins de trucs à fignoler dedans avant le premier départ.  Plus tard y aura aussi des travaux à compléter sur la maison, des idées de photos notées dans ma tête, des plans de voyages en west et bien d’autres choses, mais pas trop, je suis paresseux.  Cet été, après le rodage, si la machine inspire confiance ce sera probablement le nord par la route du Labrador et peut-être Terre-Neuve.  Coins de pays qui m’ont toujours attiré, bien avant le sud.

À bientôt sur le fil du temps et de la route.

Rocheuses, 2002

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5 réflexions sur “Demain est un autre temps…

  1. Une nouvelle vie qui commence pour toi. Il faut en profiter au max tu le mérites bien
    Je ne suis pas inquiète pour toi tu n’auras pas le temps de t’ennuyer parole de jeune retraitée qui revient justement d’un merveilleux périple de 16 jours à Londres.
    Hélène

  2. Salut Jacques,
    Félicitations pour le Blog, très intéressant !!
    Tu parle de la route du Nord (Labrador).
    Je l’ai fait à moto en juin 2010. Si ça t’intéresse d’avoir des détails, va voir mon site sur ce voyage de l’été dernier: http://mototriumph.net/Labrador2010/Labrador1.htm

    Ça va te donner une idée de la région et du millage à parcourir.
    je dois dire qu’il y a beaucoup de gravelle à faire, environ 1600 km avant d’arriver à Blanc-Sablon ! À Terre-Neuve, pas de problème, seulement des routes pavées !

    En espérant que ça puisse t’aider !!

    Claude

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