Rien que la route…

Qu’est-ce que c’est que cette idée de vouloir rouler comme ça?  Rouler pour rouler ou…  pour voir des paysages, des gens?  Oui, des paysages, des gens… je suis si asocial. Ou peut-être tout simplement pour voir ce qu’il y a devant, au bout de cet horizon qui ne cesse de se renouveler.  C’est où le bout?  Je ne sais pas.  Une chose que je sais par contre c’est que ça me fait du bien de voir filer les kilomètres au compteur (en fait les miles, puisque BeauBrun vient des USA).  Je veux voir jusqu’où je peux aller, jusqu’où la machine me permettra d’aller.  C’est peut-être une métaphore de la vie qui passe en forme de grande strappe noire dont on ne voit pas la fin.  Y’a-t-il une fin?  Quand la verrai-je, où?  Derrière le volant de mon bolide qui file à 90km/h, je vois défiler le paysage à l’horizon de mes pensées, jusqu’à la dérive des sentiments qui me ramèneront au bercail.  Aller jusqu’au bout, pour revenir…

Aujourd’hui, j’ai parcouru des kilomètres sans voir âme qui vive, ni même de bête, ah oui, y a eu ce petit renard qui s’est aventuré au bord de la chaussée et qui est disparu avant que je n’arrive près de lui.   Que des voitures et des camions.  Après la nuit pluvieuse, il a continué à pleuvoir presque toute la journée, pas trop, mais juste assez pour ne pas avoir envie de se promener dehors, alors j’ai roulé.  Parti du camping du lac Chigoubiche de la réserve Ashuapmushuan, je pensais passer la journée à Chibougamau, mais que faire à Chibougamau sous la pluie?  Alors j’ai roulé.  Jusqu’à Chapais puis, passé devant le camping Opémiska qui avait l’air pas mal, mais il pleuvait encore et il était trop tôt, alors j’ai roulé encore.  Jusqu’à Waswanipi, puis Desmaraisville, puis Miquelon et enfin, jusqu’à Lebel-sur-Quévillon, à peu près à mi-chemin avant Senneterre aux portes de l’Abitibi.  Là, j’ai décidé que je faisais une pause.  J’y passe donc la nuit au camping municipal, encore sous la pluie.  Le site est pas mal, juste au bord du très beau lac Misamiko.  J’ai vu qu’un sentier parcourt la pointe à côté de la super belle plage qui est à l’entrée du camping.  Demain matin, s’il ne pleut pas, j’irai l’explorer à vélo.  Ça va faire du bien de bouger les jambes un peu.

Mon objectif initial était l’Abitibi, mais là, je regarde la carte et il y a encore pas mal de routes qui montent au nord et elles m’appellent…  Tout près d’ici, il y a une route de gravier, la N-1005 que dit la carte, une centaine de kilomètres qui mènent directement à Matagami, le point de départ de la Route de la Baie James.  C’est dans la direction opposée à Senneterre, mais c’est vers le Nord, vers des contrées encore plus sauvages.  Puis-je faire confiance à mon p’tit camion pour qu’il me conduise à plus de 600km de routes de brousse?  C’est très tentant et je verrai demain comment est cette route de gravier et si je peux m’y aventurer.  Au bout, il y a la baie James et les grands barrages, l’Énergie du Nord, ce mythe du Québec moderne.

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