100 ans…

C’est le 19 décembre 1911, dans une modeste maison de ferme de Saint-Pierre, île d’Orléans,  sans eau courante ni électricité, qu’on entendit les premiers éclats de voix de Béatrice Lachance transpercer le silence de ce début d’hiver.  La maison était encore bien grande puisqu’un seul autre enfant avant elle y était né, Gérard.  Ils étaient les premiers d’une lignée de 15, nés d’Albertine Roberge et Napoléon Lachance.

Béatrice grandit sans histoire sur la ferme familiale jusqu’à 16 ans avant de partir à la ville, où elle travailla aux services domestiques de petits bourgeois de Montréal puis de Québec.  C’est en 1936 qu’elle fit la connaissance d’Alphédor Blouin, jeune propriétaire d’une petite épicerie du quartier Saint-Jean-Baptiste et entrepreneur dans l’âme, qui rêvait déjà à de plus grands projets pour son avenir.

Le couple qu’ils formèrent se maria en juillet 1938 et 9 mois plus tard naquit la première de leurs sept enfants, Louise.  En même temps que la famille s’agrandissait avec les naissances rapprochées de Muriel, Jean et Gilles, Alphédor travaillait à construire une entreprise prospère de Québec, la Laiterie Cité, dont il partageait la propriété avec quatre associés.  Yves, Hélène et Jacques (tiens, c’est moi) naquirent ensuite à quelques années d’intervalles.

Malheureusement, la maladie qui frappa Alphédor dans la quarantaine vint assombrir passablement la qualité de vie de la famille.  Béatrice se retrouva alors confrontée à une réalité éprouvante qui lui demandait, en plus de tenir maison pour les sept enfants, de prendre soin de son mari devenu invalide.  Il m’aura fallu du temps, en fait jusqu’à ce que j’aie moi-même des enfants, avant que je comprenne réellement l’ampleur de l’épreuve qu’elle dût surmonter pour le bien-être de sa petite famille et, fort probablement, trop souvent au sacrifice de sa propre personne.

Bien des années plus tard, quand son mari fut décédé et que tous ses enfants furent devenus autonomes, elle se remaria et connu à nouveau la quiétude de l’amour et un confort certain qui lui permirent de vivre heureuse jusqu’à 81 ans, quand la mort vint la chercher en douceur.

Aujourd’hui, elle aurait eu 100 ans.  Je pense à elle avec tendresse et reconnaissance, je voudrais lui rendre hommage et rappeler son souvenir à tous ceux et celles, enfants et petits-enfants qui lui doivent le privilège de la vie qu’elle nous a donnée.  Merci maman!

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Une réflexion sur “100 ans…

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