48 heures chez les alligators de la Big Cypress National Preserve…

Je ne sais si c’est l’effet de l’adrénaline qui s’estompe, mais depuis quelques jours, j’ai un peu plus de difficulté à raconter mes pérégrinations westfaliennes.  Pourtant je continue à faire de belles découvertes au fil de mes déplacements.  C’est l’intérêt de raconter, faut croire, qui s’émousse avec le temps.  Je n’ai pas non plus l’endurance et la persévérance d’un pro de l’écriture qui sait surement mieux que moi faire face aux limbes de la page blanche.  Mais que voulez-vous savoir au juste, mes états d’âme sur mes difficultés d’écriture ou mes histoires de voyageur solitaire?  Je me le demande.

En terme d’agenda, j’ai quitté les Keys sous la pluie, n’ayant de toute façon pas de place où camper en ce vendredi de long week-end qui débutait, President’s Day oblige!  Je me suis donc encore retrouvé à Florida City, étape incontournable pour entrer et sortir des Keys.  Je crois que s’il faut détester quelque chose dans la vie comme en voyage, eh bien je déteste Florida City.  Au lendemain d’une mauvaise nuit dans un parking de Wal-Mart assiégé, j’ai fui vers Naples en prenant la route 41 qui je croyais, traverse les Everglades.  En réalité il s’agit plutôt de la Big Cypress National Preserve, mais je crois que ça se ressemble.  J’avais décidé de ne pas aller cette fois-ci vers Flamingo qui est vraiment dans les Everglades.

À peu près à mi-parcours du chemin me séparant de la cote ouest de la Floride, j’ai aperçu un camping.  Je m’y suis arrêté pour vérifier, mais à 60$ la nuit pour un site de base, ça ne me tentait pas beaucoup.  Quand j’ai exprimé ma surprise sur ce prix au gardien, il m’a montré sur la carte un camping rustique et gratuit en plus. Même si je devais revenir un peu sur mes pas pour y arriver, j’ai pris la chance qu’il y ait de la place malgré le congé de lundi et j’y suis allé.  J’ai bien fait, car il y avait de la place dans cette espèce de camping rustique avec toilette sèche, mais très propre (ici sur la carte).  Me restais qu’à m’installer là où je voulais et pour aussi longtemps que je voulais. Parfait pour moi, j’avais assez de réserve d’eau et d’énergie dans le camion pour prendre un break de route et d’humains pour quelques jours, même s’il y avait bien quelques humains sur le terrain, mais pas trop proches.  Je me sentais un peu misanthrope depuis Florida City.

BCNR-26

Après m’être installé, je suis allé faire un tour à vélo sur la petite route qui devient très secondaire à peine un mile plus loin.  J’y ai vu des pêcheurs partager leur pêche avec les alligators qui se tenaient tout près d’eux, attendant que ceux-ci leur jettent leurs plus petites prises.  Il y avait effectivement des alligators partout le long de cette route qui traverse canaux et glades.  Avec la quantité de reptiles que j’y ai vus, difficile de croire que c’est une espèce menacée.  Et quelle surprise j’ai eue aussi de constater que les alligators ne sont pas verts, mais plutôt noirs.  Le pêcheur noir à qui je faisais la remarque m’a répliqué, je crois, qu’il trouvait que c’est une belle couleur…

Sur cette petite route, il y avait une espèce de bouiboui très spécial au milieu de ce décor. Il y avait même une équipe d’étudiants de l’université de Miami qui y faisait un reportage vidéo sur le propriétaire.  J’ai pris le temps d’en faire le tour et j’y ai rencontré 4 Québécois aussi étonnés que moi.

Au camping, il y avait une rampe où les cowboys des glades viennent mettre à l’eau leur airboat personnel.  C’est très bruyant, mais j’en ai vu que deux dont un qui m’a arrosé sans prévenir.  Des colons y’en a partout !  Je vous disais que j’avais besoin d’un break d’humains.

BCNR-15

Parmi les autres campeurs, il y avait deux vieux hippies, dont une espèce d’olibrius qui campe dans une drôle de remorque patentée maison.  Il a fait fonctionner sa génératrice une partie de la journée pour alimenter son système de son qu’il faisait entendre à la ronde.  Heureusement qu’il faisait jouer du très bon blues sinon c’eut été insupportable.

BCNR-21

J’ai très bien dormi et longtemps à cet endroit, mais il a fait vraiment frette. Et la deuxième nuit encore plus.  Je crois bien qu’elle a été la nuit la plus frette de ma vie de westeux, en Floride en plus.  Je ne sais pas s’il est normal dans ce milieu humide qu’il fasse si froid la nuit, mais j’ai dû chauffer le west vers 3h00, le froid m’avait réveillé.  Heureusement, j’avais prévu cette possibilité vu que la journée de dimanche avait aussi été plutôt fraîche, alors la chaufferette était prête à se faire allumer au besoin.  Côté métabolisme, j’étais bien content d’avoir ma ‘tite toilette portative pour faire mon ‘tit pipi sans sortir…

Le lundi, j’ai repris la route espérant avoir une place au Collier-Seminole State Park où je me suis finalement installé direct dans la douche.  Malgré le fait que dans ce parc, les voisins sont un peu trop proches, ce n’était pas très chaud non plus, mais il y avait de l’eau chaude en masse.

st-pete-1

Publicités

5 réflexions sur “48 heures chez les alligators de la Big Cypress National Preserve…

  1. J’ai lu en presque totalité les articles de votre blogue. J’y retrouve partout des idées fort intéressantes, des images de qualité, un discours articulé et vivant. Pourquoi alors les Westeux et autres baroudeurs ne réagissent-ils pas davantage à vos tribulations narratives ? Vous posez ici la question et vous accusez une lassitude palpable et facilement compréhensible de mon point de vue. Comment en effet mettre une si belle énergie et un bon talent de reporter et le conserver, sans la rétroaction d’un nombre suffisant de lecteurs ? Personne ne fait rien gratuitement, c’est la vie qui est faite comme ça. Alors votre rétribution ne tient qu’à un légitime retour sur votre investissement. Qui tarde à venir et qui déçoit, forcément. Vous me direz si je suis complètement délirant et par trop centré sur ma petite vision des choses…

    La vie de baroudeur apparaît passionnante et fait rêver bien des gens. Pourtant, vécue au quotidien, elle est très exigeante. Aussi, ce n’est pas fait pour tout le monde, ni ne saurait être pratiquée sans se voir entrecoupée de périodes de repos. Voilà un lieu commun qui donne à penser que nous ne sommes pas des machines et qu’après avoir vécu pendant deux mois environ, des stimulations sensorielles en grand nombre, le désir légitime de se poser se fait sentir. La solitude aurait un effet d’amplification sur la plupart des gens ? En couple, les jours passent, marqués par une synergie formidable. Il faut être fait fort ou être un peu vieil ours pour traverser les mois sur la route, à parler à son ordi et à la ligne jaune… En ce qui me concerne, je n’y arrive plus aussi facilement, maintenant que les compteurs accusent un milage certain.

    Sur les sites de camping comme lors des arrêts quotidiens, on trouve une fréquentation de surface la plupart du temps. Et ces contacts éphémères, quoi qu’agréables, ne sauraient satisfaire les besoins de socialisation d’un homoWestfalius normalement constitué ? Suis-je encore dans le champ ou suis-je fait comme les autres ?…

    Pourtant, les plaisirs associés à l’aventure sont si intenses, que nous pouvons jouir pendant de nombreuses années de la liberté de voyager et de découvrir. Mais vient un temps où on se demande, comme l’a fait dans une formule humoristique l’auteur Michel Tremblay : On peux-tu s’attendre un peu ?

    Bon, assez de délire en ce début de belle journée de fin d’été. Ce n’est pas tout ça. Je dois poursuivre ma recherche afin de me trouver un West et déployer une carte…

    • Merci encore pour votre commentaire Paul.

      Je puis vous assurer que vous n’êtes pas du tout dans le champ et que votre compréhension de mes états d’âmes fluctuantes de blogueur est assez juste. Je suis bien conscient que ce blogue n’est somme toute qu’une molécule dans l’univers quasi infini du web. À ce compte, je travaille bien plus pour mon bénéfice personnel que pour un salaire infinitésimal, si on le mesure au nombre restreint de lecteurs qui réagissent à mes propos. De toute façon, si ça se trouve, je suis moi-même très peu commentateur du travail des autres et je lis rarement les commentaires au-delà du cinquième, par lassitude. Vous voilà ainsi assuré que je lirai les vôtres sur mon blogue…

      Ceci dit, je crois que vous voilà fin prêt à prendre le volant d’un west (quel que soit son dérivé) et à rendre compte à votre tour de vos pérégrinations vagabondes. Ce sera un plaisir de vous lire et qui sait, de vous croiser sur la route et de prendre le temps d’échanger sur nos élucubrations routières.

      • Je discutais plus tôt cet après-midi avec un copain de vélo qui a été mécanicien chez Air Canada et qui réparait des Westfalia et autres VW à son compte durant sept ans. Il faisait des moteurs et des transmissions et autres ustensiles métalliques destinés aux joies humaines. Touche pas à ça ! qui m’a dit. Si tu aimes rouler, continues de le faire à moto et avec les économies, tu peux te payer l’hôtel à chaque soir, d’ajouter le mécano.

        Oui mais voyager à moto n’est pas comparable avec les voyages en West. Ce sont deux mondes distincts, selon moi. Comparer des pommes avec des pièces de mécano ne tient pas la route. De plus, lorsque l’on voit des images de Floride au mois de janvier, on réalise que le West est un véhicule doté d’une chaufferette et qui peut se voir équiper de pneus à neige.

        Aussi, je n’aime pas les autres véhicules récréatifs, que je trouve trop grands. Alors ma réflexion se poursuit également autour du voyage en formule : avion-voiture de location. Histoire d’aller voir ailleurs autre chose que ce que je connais bien.

        Je vais régulièrement à Québec et il n’est pas impossible que le réchauffement climatique m’autorise encore une virée dans cette magnifique ville boréale… Si tel était le cas, une bière partagée au Kriegoff nous permettrait certainement de refaire le monde une bonne fois pour toutes. Il en a tellement besoin.

      • Pourquoi pas le meilleur des deux alors? Un copain de west (que je n’ai encore jamais rencontré malgré que nous ayons tous les deux fait notre carrière à l’Université Laval), se paie la traite à moto et en west, c’est selon la destination, semble t’il. Voir ses sites : À moto http://www.mototriumph.net/Labrador2010/Labrador1.htm En west http://mototriumph-voyageaventure.blogspot.ca

        Avec plaisir, pourvu qu’on y serve de la vraie bière, c’est-à-dire provenant d’une microbrasserie 🙂

      • J’ai lu avec grand intérêt leur périple sur la garnotte en direction de Blanc Sablon. Ils m’ont donné le goût de ne jamais troquer ma ST1300 Honda contre leurs pneus à crampons. Mais quel voyage audacieux qui m’inspire et me répulse à la fois. Toutefois, vous me dites que vous vous connaissez sans vous connaître vraiment… Alors pourquoi ne pas provoquer le destin et nous asseoir en face de trois grosses bières de micro-brasserie (trios différentes) et parler de l’univers comme s’il s’agissait de notre cour arrière…

        Arrangez-nous la chose et revenez-moi. pauldussault@videotron.ca

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s