J’ai trop aimé Terre-Neuve…

Voilà sans doute pourquoi je n’ai pas encore réussi à rapailler mes idées et mes photos suite à mon séjour en cette terre neuve en mon cœur, pour réussir à en faire état sur ce blogue.  Je l’ai tellement aimé que je me sens aujourd’hui comme un amoureux frustré d’être séparé de sa bien-aimée.  J’essaie de l’oublier, alors je fais du déni, je ne veux plus y penser, autant que j’y pense si souvent.  C’est devenu comme un amour inaccessible.  J’en ai peur de détester l’aimer et de ne plus pouvoir en parler.

Je crois que tout a commencé dans la merveilleuse Codroy Valley, cette satanée vallée!

Je m’y suis retrouvé le lendemain de mon arrivée.  Je commençais à peine à apprivoiser ce nouveau territoire insulaire. Je venais tout juste de quitter le J.T. Cheeseman Provincial Park, où j’avais passé ma première nuit en débarquant du traversier sur la fin de la journée.  Je m’y était réfugié surtout pour pouvoir reprendre mon élan le lendemain.  À peine ai-je eu le temps d’y apprécier l’excellent accueil à ce camping provincial, que j’ai d’ailleurs retrouvé dans tous les autres que j’ai visité par la suite.

Mon intention, pour profiter au maximum de mon séjour terre-neuvien, était d’explorer un maximum de territoire au volant de mon RapideBlanc.  J’étais décidé à explorer tous les chemins que mon camion pouvait «carrosser», avec ses 2 roues motrices, tout au long de la côte ouest pour commencer.  J’étais donc à l’affut de toutes routes qui se présenteraient à moi.

Le premier croisement de la route 1 que j’ai rencontré était celui de la route 4o7, je m’y suis donc engagé. J’y ai roulé lentement sans trop savoir  ce que j’y rencontrerais.  WOW après WOW, j’ai finalement atteint la fin de la route, au pied du vieux phare de Cape Anguille.  J’y ai pris mon dîner, au bord de la mer.  C’était exactement ce genre de lieu que j’espérais découvrir en venant à Terre-Neuve.  Je ne savais pas encore que ce serait comme ça presque à chaque jour et à chaque détour, tout au long de mon parcours exploratoire.  C’est là aussi, en voyant les roulières tracées dans le champ, au bout de la route, que je me suis dit pour la première fois qu’un Syncro à 4 roues motrices m’aurait permis d’aller un peu plus loin, dans cette nature maritime.  Là non plus, je ne savais pas encore que je me ferais cette remarque à plusieurs reprises dans les jours à venir.  Ce lieu était si inspirant que j’y aurais volontiers passé la nuit, mais il n’était que midi et j’avais tant à découvrir encore.   J’ai donc repris la route, après mon lunch.

Je me suis installé au volant, choisi la musique qui m’accompagnerait; ce fût encore Pierre Flynn que j’écoutais en boucle depuis Québec.  Je roulais ravi de pouvoir admirer d’aussi beaux paysages, j’étais vraiment en mode «satisfaction totale», avec la sensation de réaliser un rêve, de pouvoir m’imprégner de tant beauté et de majesté naturelle, tout en parcourant des routes nouvelles au volant de mon cher RapideBlanc.  Et c’est bien pour tout cela que j’aime tant mon vieux Westfalia!  C’est vous dire aussi à quel point j’étais au bord de l’ivresse du bienêtre intérieur, immergé dans ce si bel extérieur que j’étais en train de découvrir.

Après un tournant, pendant que jouait la sublime chanson «Étoile, étoile» de Pierre Flynn, le paysage de la Codroy Valley m’a complètement happé et j’ai été pris d’une sorte de vertige qui m’a fait perdre toutes mes défenses rationnelles.  C’est alors qu’un tsunami d’émotions a bouleversé mon cœur et mon corps.  J’ai dû m’arrêter au bord de la route devant ce magnifique paysage que je n’arrivais même plus à voir à travers le flot des larmes qui coulaient sur mes joues.  Je n’étais plus rien et tout à la fois, devant ce grandiose, tout écartillé entre la beauté et le sentiment de plénitude qui m’envahissait. Aurais-je touché là le bonheur?  En tous cas, je ne me rappelle pas avoir vécu une telle poussée lacrymale, sans tristesse aucune, avant celle-ci. OUF !

Il m’aura fallu une partie de la journée pour me remettre de tant d’émotions et ce n’était que le début de mon séjour.  Je n’ai pas de photo non plus de ce moment, j’étais tellement concentré dans l’instant présent que ça ne m’a même pas effleuré l’esprit de sortir mon appareil.  De toute façon, je suis persuadé que ma mémoire est suffisamment imprégnée pour ne jamais oublier cette journée de coup de foudre.  Eh oui, c’est là que je suis devenu amoureux de Terre-Neuve.

Bon, maintenant que j’ai su identifié et exprimé l’origine de mon désarroi, je vais peut-être pouvoir réussir à parler du reste de cet enrichissant séjour.

Pour l’instant je vous soumets deux liens qui vous donneront une idée de ces lieux qui furent pour moi initiatiques, le Cape Anguille et la Codroy Valley.

Voilà, je retourne dans Lightroom et dans mes autres souvenirs pour vous revenir bientôt, j’espère.

PS, j’ai piqué la photo de l’entête dans l’internet, c’est celle qui ressemble le plus à mon souvenir.

codroy valley

 

 

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5 réflexions sur “J’ai trop aimé Terre-Neuve…

  1. Quelle écriture sensible! Vous étiez vraiment plus qu’inspiré. J’ai tellement apprécié, surtout que c’est probablement ma destination pour mon roadtrip été 2016. Merci d’avoir partagé ces intenses émotions avec nous.

  2. Votre texte décrit si bien l’envoûtement des paysages de Terre-Neuve. Et c’est sans compter sur la qualité de l’accueil dont bénéficie le voyageur. Partout on trouve des gens généreux, simples et amicaux. La nature à l’état pur n’est pas une formule creuse dans ce bout du monde encore intact de la planète. J’ai ai fait trois voyages, dont deux sur la côte ouest et le dernier, réalisé comme vous à l’été 2015, me procure encore des images fabuleuses. L’un des sommets du voyage fut sans contredit le Parc National du Gros Morne, où les fjords, la présence des animaux arctiques et de tant d’espèces rares, comblent les voyageurs venus de partout sur la planète. Merci de faire découvrir ce coin si peu fréquenté du Canada; qui n’est qu’à quelques heures de route du Québec pourtant.

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