Brève chronique d’un non-exploit…

AVERTISSEMENT:  Mon cher RapideBlanc a maintenant une petite soeur toute blanche aussi, ma nouvelle IONIQ 100% électrique.  Il y a de bonnes chances qu’ils partagent leurs aventures sur ce blogue à l’avenir.

Il y a deux ans à peine, si j’avais fait le tour de la Gaspésie en voiture électrique que je viens de compléter, j’aurais pu prétendre, comme quelques pionniers l’ont déjà fait avec raison, que j’aurais accompli tout un exploit en risquant de tomber en panne de courant, de passer des heures interminables à attendre pendant que ma voiture se recharge sur l’unique prise 120V disponible etc.  Ben non, pour moi ce fut vraiment facile de parcourir plus de 1600 kilomètres, en voiture 100% électrique, sans dépenser une seule goutte d’essence, autour de la toujours magnifique péninsule Gaspésienne.  Rendons ici hommage aux pionniers des premières années qui ont contribué au développement du réseau de chargeurs rapides qui rendent maintenant ce bonheur possible, merci!

Pendant 5 jours, nous avons revisité avec grand plaisir nos lieux préférés et aussi quelques nouveaux, sous le bleu spectaculaire d’un ciel radieux qui se mariait tout en splendeur avec la mer. On n’a jamais eu peur de manquer de courant, on a juste adapté notre horaire en concordance avec nos besoins de ravitaillements, à nous et à notre voiture.  Aucun temps de recharge ne nous est apparu un obstacle à notre liberté d’action. On ne retire que de la gratification à rouler proprement, sans pétrole, en silence et toute discrétion, en adoptant un rythme juste un peu différent, mais tout à fait satisfaisant.

Alors pour ceux que ça pourrait intéresser un peu, voici le récit de notre balade pèlerinage 100% électrique, en Gaspésie. Mais il y aura tout de même quelques chiffres pour les amateurs sérieux.

Nous avons donc quitté Lévis pour ce premier long voyage au volant de la IONIQ 100% électrique, avec une batterie chargée à 100% affichant une réserve de 230Km, et 13°C au thermomètre de la voiture. Nous pensions bien pouvoir atteindre la Borne de Recharge à Courant Continu (BRCC) de Rivière-du-Loup, à environ 200km de notre point de départ, sans faire d’arrêt, avec le «cruse control» réglé à 115 km/h sur l’autoroute 20.   Ce ne fut pas possible, mais ce fut une première embûche très instructive. Probablement par manque d’expérience, la première surprise fut de constater l’impact direct de la vitesse sur la consommation.  C’est pareil sur une voiture à essence, mais la voiture électrique affiche en temps réel la consommation pour nous aider à améliorer notre rendement énergétique, cela fait même partie du plaisir du défi électrique.

Autre surprise, ce fut l’impact de la topographie sur la consommation que la technologie embarquée dans les voitures électriques aide à constater. On entend souvent dans les expressions populaires «on descend dans le bas du fleuve», mais en réalité on monte, parfois légèrement, mais longtemps. C’est là que j’ai compris que cela aussi expliquait pourquoi je voyais la consommation augmenter et notre réserve baisser plus vite que prévu. J’ai alors réalisé à 30 kilomètres passé La Pocatière que j’aurais dû y faire une recharge d’appoint parce que les 230 Km prévus au départ avaient assez fondus pour nous empêcher d’atteindre sans inquiétude notre destination. J’ai donc rebroussé chemin pour aller faire cette recharge à La Pocatière. Nous avons ainsi perdu 60Km pour sauver 12 minutes de recharge. Cela ne nous est plus arrivé par la suite, parce que nous avons bien appris la leçon. À partir de cette contrariété, nous avons beaucoup mieux géré notre temps et nos réserves sans plus de difficulté.

L’autonomie au départ

et les 30 km perdus…

Après une recharge à 86%

  

Après une recharge à 94%

    

Grâce à l’une des applications mobiles disponibles, nous avons seulement vérifié un peu plus systématiquement la distance qui nous séparait de la prochaine BRCC en comparaison avec l’autonomie affichée de la voiture, en se gardant toujours une réserve de confort pour éviter la légendaire «angoisse de la panne de courant» qui colle encore au cul des véhicules électriques. Il a souvent suffi d’une recharge partielle de moins de 15 minutes pour garder l’esprit libre de ce mythe tenace qui nuit à la réputation des VÉs.

J’ai aussi compris que le «cruse control» maintient la vitesse au détriment de l’économie d’énergie, et c’est particulièrement vrai par monts et par vaux.   Il est préférable alors de gérer soi-même les épisodes de roues libres et de frein moteur (qui recharge la batterie en ralentissant) à l’aide des palettes de contrôle au volant. De plus cela donne du piment à la conduite qui rappelle la conduite active d’une voiture à essence manuelle, tout en optimisant la performance écologique de la voiture électrique.

Nous avons donc complété notre excursion en 5 jours et 4 nuits en motels-cuisinettes. Nous avons roulé à une moyenne de 80-85Km/h comme je l’aurais fait de toute façon pour bien profiter des paysages magnifiques de la Gaspésie.

Comme pour toutes expéditions de ce genre, nous nous sommes arrêtés pour nos besoins naturels, manger, nous dégourdir les jambes, admirer un point de vue, etc. Et c’est pendant ces moments que nous en profitions pour recharger les batteries. Il est arrivé seulement quelques fois que nous fassions un arrêt-recharge de quelques minutes, uniquement pour compléter notre réserve d’énergie. Somme toute, nous n’avons jamais eu l’impression de perdre notre temps précieux pour recharger les batteries, parce que de toute façon nous aurions fait la grande majorité de ces arrêts.

Les BRCC rechargent en moins de 30 minutes, sur une tension de 400V à 125 AMP, mais ne peuvent recharger à plus de 84% à cette intensité.   Ensuite l’intensité redescend progressivement autour de 55 AMP pour arrêter la recharge à un maximum de 94% afin de protéger la batterie. Pour atteindre 100% il faut alors poursuivre, si besoin est, sur une tension de 240V ou 120V, ce qui demande alors plus de temps, mais il n’est pas nécessaire de le faire à chaque recharge.  Parce que, grâce au réseau de BRCC qui sont réparties à tous les 125-150 kilomètres autour de la péninsule, une recharge à 84% en moins de 20 minutes satisfait pleinement nos besoins.  C’est là qu’il est intéressant de pouvoir charger pendant la nuit, comme nous l’avons fait à trois motels sur quatre, où nous avons pu facilement brancher la borne 120V portative pour compléter la recharge jusqu’à 100%.  Au quatrième, il n’y avait pas de prise facile d’accès, mais ce n’était pas essentiel de toute façon.

De plus, la vitesse de 80-90 km/h est la vitesse optimum pour un rendement optimum de l’autonomie et personnellement, j’ai eu du plaisir à conduire en essayant de garder le plus possible la consommation la plus faible. Les palettes au volant de la IONIQ ajoutent aussi une dimension active qui devient amusante, en permettant de moduler le frein moteur sur ses quatre niveaux de 0 à 3.  C’est ce frein moteur qui fait qu’on ne touche la pédale de frein que quelques secondes seulement pour immobiliser le véhicule au besoin, sinon les ralentissements se gèrent à l’aide des palettes. Il n’y a rien de plus satisfaisant, je crois, que de voir l’autonomie augmenter au compteur pendant que le frein moteur retient la voiture sur une longue descente, en rechargeant la batterie. Et dire que sur une voiture à essence cette énergie cinétique est complètement gaspillée et fait même user les freins…

En espérant que ma modeste expérience ait pu vous donner le goût d’adopter la propulsion électrique, je vous laisse sur ces quelques photos de notre non-aventure en Gaspésie.

PREMIER SOIR, arrêt à Saint-Ulric-de-Matane, dans  un sympathique motel-cuisinette avec vue saisissante sur la mer, parfait pour notre premier apéro et plus.  Je vous recommande chaudement LES STUDIOS DE LA MER, confortables, avec vue exceptionnelle, rénovés et avec prise 120V sur laquelle on a pu compléter la recharge pendant la nuit. Demandez l’unité 10.

Départ du motel pour une deuxième magnifique journée en Gaspésie.

Arrêt pour le lunch à Saint-Maxime-du-Mont-Louis.  On en profite pour faire une recharge d’appoint devant la pharmacie de Dany Bergeron, l’instigateur du réseau de chargeurs rapides tout autour de la péninsule Gaspésienne, grâce auquel il est maintenant facile de faire un tour de Gaspésie en mode tout électrique. Bravo à M. Bergeron pour cette initiative!

Une autre magnifique vue pour notre deuxième soirée. Cette fois, au sympathique Motel Du Cap Saint-Yvon, dans la bourgade du même nom, tout près de Cloridorme.  Bon rapport qualité/prix à ce motel, demandez l’unité 9 avec cuisinette pour la vue.  En route, nous avons fait provision de délices chez les Frères Atkins à Saint-Maxime-du-Mont-Louis pour nous concocter un festin avec vue sur la mer pour notre souper…

C’était la première fois que je faisais le tour de la Gaspésie en sens horaire, les autres fois je commençais par la vallée de la Matapédia.  Ça permet de découvrir des points de vues totalement différents.  C’est donc sur la route du troisième jour que nous avons eu ce premier aperçu lointain du Vénérable Monument, toujours aussi impressionnant ce Rocher Percé!  Et bien sûr on ne peut passer outre au deuxième plus beau point de vue sur le Vénérable, depuis Percé.

Notre pied-à-terre pour notre troisième soir fut au chic, mais pas plus cher que les deux autres, Hotel-Motel-Vagues-Vertes à L’Anse-à-Beaufils.  Chaudement recommandé aussi, mais cette fois demandez l’unité 5 pour la vue.  Surtout, ne manquez pas d’aller faire provision de bonnes bières chez Pit-Caribou!  C’est tout près et c’est ce que nous avons fait pour accompagner nos restants de la veille, des Frères Atkins.

C’est à Grande-Rivière que les chiffres de l’odomètre se sont alignés, 3333 km après 30 jours depuis la prise de possession de ma IONIQ ELECTRIC, que du plaisir!

En passant à Carleton-sur-Mer, c’était trop tentant d’aller gravir le Mont-Saint-Joseph.  Ce fut très facile avec la IONIQ, et aussi très amusant de suivre la consommation et la régénération d’énergie de la voiture.  Pour franchir les 6 km de l’ascension, la voiture a gruger 32 kilomètres à la réserve, tandis que la descente sur le frein moteur en a générer 16.  Donc, si vous me suivez, cela veut dire qu’au final, j’ai perdu seulement 16 km pour en avoir parcouru 12 tout en profitant d’une vue spectaculaire.  La dernière fois que j’avais gravi cette montée, c’était en Westfalia, avec mon BeauBrun à essence.  Je ne sais combien plus d’essence l’ascension avait consommée, mais je sais que la descente n’avait pas rempli mon réservoir, mais bien plutôt fait surchauffer les freins.  Vive les véhicules électriques!

Le quatrième soir c’est au sympathique gîte À L’Abri du Clocher, à Nouvelle que nous avons passer notre dernière nuit.  Au matin, après un copieux petit déjeuner et les batteries rechargées à 100%, nous étions fin près pour entamer les 530 km du retour, d’une traite!

Pour les férus de statistiques, voici le tableau de la consommation des 5 jours du voyage.  La IONIQ ELECTRIC est vraiment très efficace pour tirer le maximum de sa batterie de 28 Kw, somme toute de taille moyenne.  Le premier et le dernier jour comportent des sections d’autoroute à 115 km/h, tandis que les autres jours furent de la pure balade à 80-85 km/h maximum.  Coût total pour les recharges sur bornes payantes :  40$.  Avec mon Westfalia diesel. il m’en aurait coûté 140$ (8l/100km) ou 210$ pour mon ancien à essence (12l/100km).

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