Le train roule…

Troisièmes jours de ce retour prématuré.  Je me sens un peu comme un routier depuis mon départ de Panama City Beach jeudi matin.  J’ai même dormi dans un parking de TruckStop jeudi soir, ce fût d’ailleurs ma dernière nuit dans le camion, il fait ben trop frette.  Depuis hier donc, je dors plutôt dans des motels qui font étape à environ tous les 330 miles, parce qu’après 7-8 heures assis derrière le volant, ma journée est faite.  Avec une moyenne de 55 mph et les aléas du trafic, je ne peux faire plus.

Je me sens un peu routier aussi, parce que je fais le même genre de route qu’eux, à un rythme semblable.  Je roule presque seulement sur des autoroutes pour aller un peu plus vite et j’arrête quand je suis fatigué.  Par contre, maintenant je ne dors plus dans mon camion.  Pourtant, moi qui aime conduire, faire de la route et, comme tous les ‘tits gars, les gros camions, j’ai pensé un temps que je pourrais joindre ces différents plaisirs dans un projet de retraité et devenir chauffeur occasionnel de truck, mais j’ai changé d’avis.  Rouler seulement sur des autoroutes, dormir sur le parking d’un TruckStop, y prendre sa douche, ça doit être trop déprimant.  Par contre, j’aimerais bien conduire des autocars de luxe nolisés.  Ça doit être plus amusant de conduire du monde en vacances plutôt que des marchandises et je crois aussi que les chauffeurs dorment à l’hôtel comme les passagers.  Ouais, j’aimerais bien essayer ça un jour, si j’ai le temps!

Quand même, j’ai au moins pris le temps de traverser quelques grandes villes sur mon chemin comme Atlanta GA qui est une bien plus grosse ville que je le croyais, j’ai traversé aussi Charlotte NC, Richmond VA et Washington DC où j’ai même fait un détour involontaire.  Demain dimanche, je passe à travers Philadelphie PA qui est à environ 50 miles d’où je dors ce soir.

Donc, je passe la journée au volant sur des routes où il n’y a rien à voir.  Heureusement, je peux écouter un peu de musique, des chansons surtout.  J’aime les chansons qui me parlent au coeur.  J’aime les chansons aussi parce qu’en plus de la musique il y la poésie.  Une chanson réussie à mon goût, est justement quand cet amalgame des mots et des notes forme un tout, quand les sons des notes portent les sons des mots et en enrichissent le sens, quand tout se métamorphose en maelstrom d’images et d’émotions.

Aujourd’hui, j’ai écouté de vieux albums de Michel Rivard que je viens de redécouvrir.  Je peux dire que je suis un fan de longue date de cet auteur-compositeur-interprète-improvisateur.  Je l’aimais dans Beau Dommage et j’ai aimé ce qu’il a fait après aussi.  J’écoutais ses chansons quand j’avais 20-25-30 ans et aujourd’hui, 35 ans plus tard, elles me parlent encore de moi, de ma vie, de mes rêves, c’est pour ça que je les aime.

J’en ai choisi une comme chanson du jour.  Elle provient du deuxième album solo que Rivard a produit après Beau Dommage.  Son premier, Méfiez-vous du grand amour, même s’il est déjà plus personnel, était encore empreint du style de Beau Dommage auquel Rivard a quand même donné quelques-unes de leurs plus belles chansons.  Alors que De Longueuil à Berlin est selon moi l’album qui a permis à Michel Rivard de devenir Michel Rivard.  Un style musical complètement différent et des mots plus matures qui ont donné suite à ses plus beaux albums des années ’80.

PS Je crois que la bête s’est endormie au creux de mon inconscient, je vais lui donner encore un peu de vin en espérant qu’elle y reste assez longtemps pour me laisser dormir en paix…

Key Largo, enfin arrivé quelque part…

Tout d’abord, la chanson du jour, avec le charmant accent de Stacey Kent :

Après avoir parcouru plus de 2000 miles depuis Québec, c’est le sentiment que je ressens depuis que je suis arrivé dans la région de Key Largo qui est comme l’entrée des keys.

J’ai pris tout mon temps pour m’installer pour quelques jours au Pennekamp State Park et j’ai découvert un super beau parc avec plein de possibilités pour y faire du kayak et de la plongée en apnée, je n’ai jamais fait ni l’un ni l’autre.  Cependant, je crois bien faire une expédition sur un plus gros catamaran qui nous emmène pendant 2h 30min au-dessus des récifs de corail.

À Key Largo, je campe un peu dans la forêt d’où je ne vois pas directement la mer.  Cependant, tout près dans le parc, il y a des canaux d’iles qui conduisent à la mer.

key largo-1

Hier, j’ai fait un petit tour à vélo dans Key Largo, mais il n’y a pas grand-chose à voir de ce côté, sinon parcourir les petites rues de part et d’autre de la route 1, parce qu’il n’y a pas vraiment de centre-ville, genre old town, à visiter.

J’ai quand même apprécié voir au long de ces petites rues, ces maisons très disparates, de toutes les couleurs et conditions. Ce qui est particulier pour certaines parties, c’est de voir que ce qu’on appellerait ruelles chez nous sont en fait des canaux qui conduisent à la mer et où les résidants accostent leur embarcation juste derrière leur maison (comme vous pouvez bien le voir sur Google Maps). Ce qui me plait aussi, c’est qu’il n’y a pas que des palaces ici.

Pour mercredi, j’ai pu réserver sur Reserv America une place pour deux jours au Long Key State Park.  Ce dernier est situé à peu près au milieu de la route des keys.  C’est le plus près de Key West que j’ai pu obtenir.  Ça ne me tente vraiment pas de gâcher mon plaisir ici dans un mauvais squat.  Alors j’irai à Key West de là, en west avec mon vélo dans le derrière.  Selon ce que j’ai pu voir sur le site de réservation, ce camping a une vue ouverte sur la mer.  Selon un autre westeux du Michigan qui campe ici et à qui j’ai parlé, la vue est magnifique.  J’ai hâte voir ça.

Key Largo et Humphray Bogart sont liés par le film noir éponyme de 1948 qui a sans doute contribué à la renommée de cette toute petite bourgade.  D’où l’existence du Humprey Bogart Film Festival, du nom de la mythique star du cinéma qui se tiendra en mai prochain.

Rouler la nuit…

Jour 2, c’est demain la veille.  Ma chanson de route préférée entre toutes, écrite la route en tête.  Faut vraiment avoir aimé rouler la nuit en écoutant la radio pour avoir pu écrire cette chanson.  Du Beau Dommage à son meilleur, un pied dans la réalité et l’autre dans l’imaginaire, avec l’esprit qui danse entre les deux.  J’ai voulu en retrouver l’atmosphère pour vous la présenter.  Bonne écoute!

Et vous, quelles sont vos musiques de route préférées?